Dermatoses parasitaires des Ruminants
 

 

--------------Autopsie---------------

 

L´autopsie est un examen complémentaire régulièrement réalisé en pratique rurale, qui peut se révéler riche en renseignements concernant de nombreuses pathologies internes. Elle est par contre très peu utilisée en première intention dans le cadre de la dermatologie parasitaire, les maladies concernées étant d´une part rarement létales, et d´autre part souvent diagnosticables à l´aide d´autres examens complémentaires beaucoup plus simples à réaliser.

L´intérêt de l´examen nécropsique concerne donc surtout la recherche de parasites internes, peu ou pas visibles extérieurement, et pouvant être à l´origine de lésions dermatologiques, comme c´est le cas des Helminthes et des larves d´Hypodermes.

Ces maladies ne justifiant pas en elles-mêmes le sacrifice d´un animal, l´observation des parasites et des lésions internes induites se fait en général soit de façon fortuite lors d´une autopsie pratiquée pour une autre raison, soit dans l´enceinte d´un abattoir.

 

LES AFFECTIONS A RECHERCHER
  • Strongyloïdes papillosus
  • Parafilaria bovicola
  • Larves d´Hypoderma bovis
LE MATERIEL NECESSAIRE
  • Equipement vestimentaire : tablier en plastique, surbottes, calot ou charlotte, gants
  • Couteaux
  • Ciseaux
  • Costotome
  • Pince mousse et bistouri
  • Seaux
LE PRELEVEMENT
  • Préparation

L´autopsie se déroule en général au clos d´équarrissage. Elle peut néanmoins avoir lieu sur l´exploitation où vivait l´animal, elle est dans ce cas partielle la plupart du temps, les régions suspectes étant inspectées prioritairement.

Un examen externe minutieux du cadavre doit être réalisé afin de repérer les éventuelles lésions cutanées.

Le cadavre doit être identifié et l´anamnèse rapportée.

L´animal est en général suspendu par un postérieur, ce qui facilite l´éviscération, ou placé en décubitus latéral.

 

  • Technique

Une section cutanée abdominale et thoracique est réalisée sur la ligne médiane, les mamelles étant réséquées au besoin.

Le plan sous cutané est ensuite grossièrement disséqué sur l´abdomen ventral afin de permettre une section de la paroi abdominale.

L´animal est ensuite éviscéré, les organes abdominaux étant ligaturés si nécessaire, sectionnés puis mis de coté en vue d´une observation ultérieure.

Le diaphragme est alors sectionné et retiré, ce qui permet la résection des organes thoraciques, également mis de coté.

Des sections cutanées complémentaires en région cervicale inférieure le long de la gouttière oesophagienne permettent l´observation et la résection de la trachée et de l´oesophage.

 

La carcasse est ensuite examinée avec soin, les lésions créées par les parasites étant le plus souvent situées sur celle-ci. Chaque zone extérieurement suspecte (nodules, masses sous-cutanés, etc) doit être disséquée et observée.

Des sections des muscles peuvent être réalisées au besoin.

Les différents organes sont ensuite eux aussi examinés, des coupes étant réalisées si nécessaire.

Des prélèvements peuvent également être effectués : dans le cas d´une suspicion de strongyloïdose larvaire par exemple, un raclage de la muqueuse digestive peut parfois permettre la mise en évidence des adultes.

 

Ci contre : incision d´un nodule dans le tissu sous cutané révélant la présence d´une larve d´Hypoderme. Photo : service d´anatomie pathologique ENVL.

Incision d´un nodule dans le tissu sous cutané révélant la présence d´une larve d´Hypoderme. Photo : service d´anatomie pathologique ENVL.

 

INTERPRETATION
Infiltration éosinophilique du derme due à la présence de larves d´Hypodermes. Photo : service de Qualité et Sécurité des Aliments ENVL.

La mise en évidence d´un ou de plusieurs parasites permet un diagnostic de certitude d´infestation parasitaire.

 

Les larves d´hypodermes peuvent être mises en évidence à l´intérieur des nodules cutanés ou le long de leurs trajets migratoires.

Celles de Strongyloïdes papillosus peuvent également être trouvées sur leurs trajets migratoires, les adultes pouvant être mis en évidence dans la muqueuse digestive.

 

Parfois il n´est pas possible de mettre en évidence de parasites, seules leurs lésions sont observées : les trajets de migration des larves sont bien reconnaissables, entourés de tissus fibreux, formant des lignes blanchâtres. Ils peuvent être accompagnés d'hémorragies, de zones d'oedèmes gélatineux jaunes verdâtres, de nécroses dans le canal rachidien dans le cas de larves d´hypodermes. Ces lésions sont assez spécifiques et permettent de confirmer une hypothèse de parasitose.

Des noeuds lymphatiques réactionnels verdâtres peuvent également être observés, notamment dans le cas des gales.

 

Ci contre : infiltration éosinophilique du derme due à la présence de larves d´Hypodermes. Photo : service de Qualité et Sécurité des Aliments ENVL.

Hypertrophie des noeuds lymphatiques chez un mouton galeux. Photos : service de Qualité et Sécurité des Aliments ENVL. Hypertrophie des noeuds lymphatiques chez un mouton galeux. Photos : service de Qualité et Sécurité des Aliments ENVL. Hypertrophie des noeuds lymphatiques chez un mouton galeux. Photos : service de Qualité et Sécurité des Aliments ENVL.
Hypertrophie des noeuds lymphatiques chez un mouton galeux. Photos : service de Qualité et Sécurité des Aliments ENVL.