Dermatoses parasitaires des Ruminants
 

 

-------Calque par étalement ou par impression------

 

La réalisation de calques est un examen complémentaire facile à réaliser en routine et peu couteux. Il nécessite un minimum de matériel, et permet souvent l´établissement rapide d´un diagnostic étiologique.

 

LES AFFECTIONS A RECHERCHER
  • Chorioptes bovis
  • Psoroptes sp
  • Raillietia caprae
  • Demodex sp
  • Parafilaria bovicola
  • Stephanofilaria sp
  • Dermatophytes
LE MATERIEL NECESSAIRE
  • Lames de microscope dégraissées
  • Lamelles
  • Ecouvillons stériles
  • Lactophénol
  • Kit de coloration rapide (RAL 555 ND ou Diff Quick ND)
  • Encre de chine diluée au tiers, bleu lactique, coloration PAS (Acide Périodique de Schiff)
  • Papier absorbant
  • Sérum physiologique
  • Microscope optique
  • Huile à immersion
LE PRELEVEMENT
  • Technique

Calque par impression

-Cette technique est utilisée pour toute lésion plus ou moins exsudative, croûteuse, ulcérée, ou siège d'un écoulement (purulent ou hémorragique).

-Une lame de microscope dégraissée est directement appliquée sur la lésion, après retrait des croûtes si nécessaire. La lame peut également être appliquée sur le revers des croûtes.

 

Ci contre: calque par impression d´une lame sur la lésion. Photo: V.Roblin


calque par impression d´une lame sur la lésion. Photo: V.Roblin

Calque par étalement d'un produit récolté par écouvillonnage d'une lésion

-Cette technique permet de recueillir, à l’aide d’un écouvillon stérile préalablement humidifié avec du sérum physiologique, du pus ou divers produits de sécrétions.

-Ce procédé est particulièrement intéressant quand les lésions sont difficiles d’accès, localisées par exemple dans les espaces interdigités ou le conduit auriculaire.

-L'écouvillonnage auriculaire est indispensable au prélèvement de Psoroptes cuniculi et Raillietia caprae : il est alors réalisé dans la partie profonde du conduit auditif externe de chaque oreille, en général à l'aveugle.
-L’écouvillon est appliqué sur la lésion, puis est roulé sur une lame de microscope pour y déposer un peu de l´exsudat prélevé.

Dans les deux cas, il est nécessaire de veiller à ne pas réaliser un calque trop épais (en particulier lors de récolte de cérumen), qui serait difficile à observer et interpréter.

 

  • Traitement et observation du prélèvement

Dans le cadre d'une recherche d’acariens, quelques gouttes de lactophénol sont ajoutées afin d'éclaircir le prélèvement, la lame étant ensuite recouverte d’une lamelle. L'observation au microscope se fait dans un premier temps au faible grossissement, afin de choisir une zone significative, puis au fort grossissement, le diaphragme étant fermé.

Dans le cadre d'une recherche de filaires, les lames sont colorées à l’aide d’un kit de coloration rapide, séchées entre deux feuilles de papier absorbant puis observées au microscope optique (diaphragme fermé, condensateur ouvert).
Pour la recherche de dermatophytes, le prélèvement peut être coloré avec du bleu lactique, une goutte d’encre de chine diluée au tiers ou encore une coloration de type PAS : les spores apparaissent ronds, colorés en bleu foncé et entourés d´un fin halo clair.

 

INTERPRETATION

L’observation d'acariens, de filaires ou de dermatophytes sur la lame permet un diagnostic de certitude de dermatose parasitaire.

 

Il n’est pas rare néanmoins de n’observer aucun acarien sur la lame. Deux causes sont possibles : soit le prélèvement est trop pauvre, soit des complications infectieuses (bactéries, levures) ont rapidement créé un milieu défavorable à la multiplication des acariens.

La présence de filaires ou des oeufs d'Helminthes dans un prélèvement est également très aléatoire, et les faux négatifs sont nombreux. En outre, cette méthode ne permet pas de diagnostic d'espèce.

 

Observation d´un psoropte au microscope. Photo: laboratoire de parasitologie ENVL

Observation d´un psoropte au microscope. Photo: laboratoire de parasitologie ENVL