Anesthésie et analgésie des oiseaux et des reptiles  
Contention et examen clinique
Généralités
Anamnèse et commémoratifs
Tout examen doit être précédé d’un questionnement du propriétaire afin de connaître l’âge du reptile, son espèce et sa race, les conditions de vie notamment la température et l’humidité, ses antécédents médicaux et chirurgicaux, ses traitements éventuels (VARGA et al., 2012).

Exemple de fiche permettant de recueillir les commémoratifs et l’anamnèse d’un reptile (VARGA et al., 2012)
Contention
Les méthodes de contention spécifiques aux serpents, lézards et tortues seront détaillées dans les sections Particularités.
Examen clinique
Examen à distance 

L’examen clinique rapproché doit être systématique et permettre d’évaluer tous les organes, mais il est toujours précédé d’une observation à distance du comportement, de la respiration et de l’attitude générale du reptile.
On recherche en particulier une dyspnée, par l’observation des cycles respiratoires, ou des signes neurologiques (MEREDITH and JOHNSON-DELANEY, 2010). 
 
Température 

Tous les reptiles sont poïkilothermes, c’est pourquoi il faut le placer dans un environnement correspondant à sa température optimale, car une hypothermie fausse les résultats de l’examen clinique par son effet dépresseur cardiorespiratoire (MEREDITH and JOHNSON-DELANEY, 2010). 
 
Score corporel et poids 

Il est très important de déterminer le poids du reptile de façon précise pour être en mesure d’administrer les bonnes doses d’anesthésiques et d’analgésiques (FIRMIN, 2001). 
 
L’évaluation du score corporel de chaque ordre est détaillée dans les sections Particularités correspondantes. 
 
Peau et écailles 

La peau et les écailles sont examinées à la recherche de plaies, de dermatites ou encore de brûlures qui sont fréquentes chez les reptiles.
Un animal en période de mue devrait être manipulé au minimum (BALLARD and CHEEK, 2010). 
Chez les tortues, la carapace est examinée à la recherche de fractures ou de lésions pouvant être liées à une carence alimentaire
 
Système cardiovasculaire 

Les muqueuses sont pâles à roses chez les reptiles, même si chez certaines espèces elles sont physiologiquement bleues à violettes, ou encore jaunâtres.
La pigmentation peut également rendre leur évaluation difficile (BALLARD and CHEEK, 2010). 
Le choc précordial est visible chez les serpents et les lézards qui n’ont pas un score corporel excessif.
L’auscultation peut être difficile à cause des bruits parasites dus aux frottements des écailles sur la capsule du stéthoscope ou à la présence de la carapace chez les tortues.
Pour remédier à cela, on peut placer une compresse humide entre les deux, ce qui permet d’augmenter la zone de contact.
L’activité cardiaque peut également être évaluée avec un système Doppler (SAUVAGET et al., 2008). 
 
Les valeurs de fréquence cardiaque et de pression artérielle sont très variables d’une espèce à l’autre mais aussi d’un individu à l’autre, en fonction de la température notamment (MADER and DIVERS, 2014). 
 
Système respiratoire 

On s’assure qu’il n’y a pas d’écoulements au niveau des orifices naseaux. L’auscultation permet d’évaluer la présence de bruits anormaux ou de bruits respiratoires augmentés.
Quelle que soit l’espèce, une respiration bouche ouverte est anormale (BALLARD and CHEEK, 2010). 
 
Etat d’hydratation 

Pour cela, on évalue l’élasticité de la peau par rapport à un individu en bonne santé, et si la peau forme des plis, cela est révélateur de déshydratation.  

D’autres signes sont en faveur d’une déshydratation : la présence d’une enophtalmie, de muqueuses sèches, de fausses membranes dans la cavité buccale, la perte de brillance des yeux (MEREDITH and JOHNSON-DELANEY, 2010; MITCHELL and TULLY, 2009). 
Examens complémentaires
Les examens complémentaires à réaliser avant toute anesthésie sont dans l’idéal une numération formule sanguine, un taux de protéines, et une glycémie (MULOT, 2000). 

L’hématocrite est entre 20 et 40%, les hématies sont nucléées chez les reptiles.
Le taux de protéines est de 3 à 7 g/dL.
Cependant les valeurs varient beaucoup d’une espèce à l’autre et d’un individu à l’autre, c’est pourquoi il faudra accorder une importance à l’évolution des paramètres plutôt qu’à leur valeur absolue (MADER, 2006). 

Une biochimie peut être réalisée, et, si nécessaire, des examens d’imagerie à but diagnostique, ainsi qu’une coproscopie (SAWYER, 2008). 
BIBLIOGRAPHIE
BALLARD, B., CHEEK, R., (2010). Exotic animal medicine for the veterinary technician. 2nd edition. Wiley-Blackwell, 484p. 

FIRMIN, Y., (2001). Chirurgie des reptiles. L’anesthésie des reptiles : des particularités d’espèces. Point vétérinaire, Volume 32, N°221, 40‑43.  

MADER, D. R., (2006). Reptile medicine and surgery. 2nd edition. St Louis : Saunders Elsevier, 1242p. 

MADER, D. R., DIVERS, S.J., (2014). Current therapy in reptile medicine and surgery. Edinburgh : Saunders Elsevier, 461p. 

MEREDITH, A., JOHNSON-DELANEY, C., (2010). BSAVA Manual of exotic pets. 5th edition. Quedgeley : BSAVA, 414p. 

MITCHELL, M. A., TULLY, T.N., (2009). Manual of exotic pet practice. St Louis : Saunders Elsevier, 546p.  

MULOT, B., (2000). Anesthésie et analgésie des reptiles. In : Encyclopédie Vétérinaire - Anesthésie-Réanimation. Paris : Elsevier, 600.  

SAUVAGET, S., HOLOPHERNE, D., RISI, E., (2008). Méthode de surveillance de l’anesthésie chez les reptiles. Point vétérinaire, Volume 39, 16‑17.  

SAWYER, D. C., (2008). The practice of veterinary anesthesia: small animals, birds, fish and reptiles. Jackson : Teton New Media, 384p.  

VARGA, M., LUMBIS, R., GOTT, L., (2012). BSAVA Manual of exotic pet and wildlife nursing. Gloucester : BSAVA, 304p. 
Le site "Anesthésie et Analgésie des oiseaux et des reptiles" a été réalisé dans le cadre d'une thèse vétérinaire soutenue par C.Noirot.  
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