Anesthésie et analgésie des oiseaux et des reptiles  
Hospitalisation
Généralités
Conditions d’hospitalisation
La pièce où se situent les reptiles doit idéalement être chauffée à 28 à 30°C (RISI, 2004).
Les reptiles étant des poïkilothermes, ils ont besoin d’un environnement dont la température est régulée, et qui possède un gradient de température, ce qui leur permet de se placer suivant leurs besoins (MADER, 2006). 
 
Les températures spécifiques aux principales espèces sont détaillées dans les sections Particularités correspondantes. 
 
Peu de serpents nécessitent une lumière qui diffuse des UVA et des UVB, contrairement aux lézards et aux tortues (MADER, 2006). 

Une humidité de 50 à 70 % est adaptée pour la plupart des reptiles, mais il faut que le vivarium soit bien ventilé (JEPSON and TULLY, 2009). 
Certaines espèces de reptiles boivent en léchant des gouttelettes d’eau, il auront donc besoin d’un brumisateur (VARGA et al., 2012). 
 
Les reptiles doivent être situés dans une pièce calme, à l’écart des autres animaux, comme les chiens et les chats (MADER, 2006). 
Un endroit pour se cacher et se mettre à l’abri est aussi un élément important à intégrer pour limiter le stress du reptile.
Pour les espèces semi-aquatiques, il faut prévoir un bac avec de l’eau à température ambiante.  
 
Les substrats les plus utilisés au cours d’une hospitalisation sont le papier journal ou une alèze (MADER, 2006).
L’important étant de pouvoir nettoyer et désinfecter la cage facilement (MEREDITH and JOHNSON-DELANEY, 2010). 
Alimentation et Fluidothérapie
Une alimentation assistée n’est en général pas nécessaire dans les premiers temps de l’anorexie d’un reptile, il peuvent la tolérer pendant de longues périodes (MEREDITH and JOHNSON-DELANEY, 2010). 
 
Les méthodes utilisées pour la réalimentation des reptiles sont détaillées dans les sections Particularités.  
 
Les patients déshydratés ou souffrant d’une maladie pouvant interférer avec l’anesthésie doivent être stabilisés au préalable.
Une fluidothérapie peut dans ce cas être mise en place par voie intraveineuse si possible, intra-osseuse, sous-cutanée ou intra-cœlomique sinon.
Le fluide sera réchauffé avant administration. 
 
Il y a peu de données disponibles concernant le fluide à utiliser, c’est pourquoi on choisira du Ringer Lactate.  
Cependant, certaines publications indiquent que les solutions utilisées chez les mammifères seraient hypertoniques pour certains reptiles.
Il est alors conseillé d’utiliser soit un mélange de 2/3 de dextrose à 2.5% dans du NaCl à 0.45% avec 1/3 de Ringer lactate, soit un mélange de 50% de Dextrose à 5% avec du NaCl 0.9% (MADER, 2006; MEREDITH and JOHNSON-DELANEY, 2010). 
 
Par voie intraveineuse ou intra-osseuse, le débit recommandé est de 15 à 30 mL/kg/j pour les besoins d’entretien (SLADKY and MANS, 2012). 
La voie intra-osseuse est considérée comme aussi efficace que la voie veineuse, et elle est parfois plus aisée, car les veines des reptiles ne sont la plupart du temps pas visualisables. Elle n’est pas utilisable chez les serpents. 

La voie sous-cutanée peut être utilisée, on n’injectera alors pas plus de 10mL/kg/site.
 
La voie intra-cœlomique est à réaliser avec précaution pour ne pas endommager les organes sous-jacents lors des injections.
En effet, c’est une voie avec laquelle le risque de perforation des intestins, de la vessie, ou de l’appareil reproducteur est non négligeable (MADER and DIVERS, 2014). 
Il ne faut pas administrer des volumes trop grands par cette voie à cause du risque de compression des poumons et donc de difficultés respiratoires, on ne dépassera donc pas 3% du poids du reptile (VARGA et al., 2012). 
BIBLIOGRAPHIE
JEPSON, L., TULLY, T.N., (2009). Exotic animal medicine. A quick reference guide. Edinburgh : Saunders Elsevier, 579p. 

MADER, D. R., (2006). Reptile medicine and surgery. 2nd edition. St Louis : Saunders Elsevier, 1242p. 

MADER, D. R., DIVERS, S.J., (2014). Current therapy in reptile medicine and surgery. Edinburgh : Saunders Elsevier, 461p.

MEREDITH, A., JOHNSON-DELANEY, C., (2010). BSAVA Manual of exotic pets. 5th edition. Quedgeley : BSAVA, 414p. 

RISI, E., (2004). N. A. C. l’hospitalisation des reptiles. Nouv. Prat. vét. canine féline, Volume 19, 72‑74.  

SLADKY, K.K., MANS, C., (2012). Clinical Anesthesia in Reptiles. Journal of Exotic Pet Medicine, Volume 21, N°1, 17‑31.  

VARGA, M., LUMBIS, R., GOTT, L., (2012). BSAVA Manual of exotic pet and wildlife nursing. Gloucester : BSAVA, 304p. 
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